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Thomas Walter – entomologiste et naturaliste (1957–2019)
expand article infoPhilippe Jeanneret
‡ Agroscope, Institute for Sustainability Sciences ISS, Zürich, Switzerland
Open Access

C’est au matin du 26 septembre 2019 que Thomas Walter nous a quitté précocement à l’âge de 62 ans, à la maison, des suites d’un infarctus.

Thomas Walter, né en 1957, travaillait sur le site d’Agroscope à Reckenholz depuis le 1er août 1999.

Thomas était un zoologue chevronné, expert de groupes d’espèces liées de près ou de loin à l’agriculture en général comme les orthoptères et les papillons. Dans le cadre d’un projet consacré aux zones alluviales, il s’était intéressé ces dernières années de plus près aux carabes et aux coléoptères saproxyliques dont il a rapidement maitrisé l’identification.

Diplômé en zoologie, il participe d’abord à l’étude de la gestion de l’eau dans les agglomérations et la protection des eaux. Thomas a toujours gardé un intérêt particulier pour les milieux aquatiques. Il aimait notamment aller à la pêche, tout en gardant son regard et un comportement de naturaliste convaincu. Il s’est rapidement intéressé particulièrement à la comparaison entre la présence potentielle et effective des espèces dans une région, et l’inclusion de la faune dans les planifications territoriales, ce qui l’amena à participer au développement de l’antenne du Centre de Cartographie de la Faune (CSCF) en Suisse allemande et de la banque de données écofaunistiques.

Thomas a participé comme un des rédacteurs principaux d’un ouvrage majeur sur l’état des connaissances concernant la biodiversité en Suisse: «Evolution de la biodiversité en Suisse depuis 1900», paru en 2010. Dans la lignée de cette publication, Thomas a coordonné la rédaction d’un autre ouvrage éminemment important touchant à la protection de la nature dans l’environnement agricole: «Opérationnalisation des objectifs environnementaux pour l’agriculture», paru en 2013.

Ces derniers mois, il est souvent apparu dans les médias suite au lancement de son projet de riziculture. Il explique dans un interview donné à la SRF et diffusé le jour de sa mort, les premiers résultats de l’implantation de rizières au nord des Alpes dans des endroits adaptés à ce type de culture, temporairement inondés et donc peu adaptés aux grandes cultures classiques telle que le blé.

https://www.srf.ch/news/regional/aargau-solothurn/versuch-fast-erfolgreich-bald-gibt-es-reis-aus-brugg

Thomas était particulièrement enthousiaste à l’observation dans ces essais pilotes de rizières de rainettes vertes, de crapauds calamites, de nombreuses espèces de libellules, de bécassines et de chevaliers guignette. Des espèces que l’on retrouve normalement dans les zones alluviales.

Les autres projets de Thomas visaient tous à soutenir les espèces cibles et caractéristiques dans l’agriculture suisse pour lesquelles il promouvait des formes de production adaptées au site et laissant une place suffisante aux espaces naturels. Se faisait, il était un ardent défenseur de la qualité des surfaces de promotion de la biodiversité sur les exploitations agricoles. Il était membre du Forum Biodiversité de l’Académie des sciences naturelles de Suisse.

Thomas laisse derrière lui un grand vide en tant que collègue et ami et en tant que scientifique.